Le musée du silence de Yoko Ogawa

Publié le par Brouillard

Yoko Ogawa, écrivaine japonaise née en 1962, a remporté le prestigieux Prix Akutagawa pour La Grossesseen 1991, et également les Prix Tanizaki, Prix Izumi, Prix Yomiuri, et le Prix Kaien pour son début.

Le musée du silence, Actes Sud, 2005

nullUn jeune muséographe vient d'entrer en fonction dans un manoir aux confins du monde. Sous la direction d'une vieille femme plutôt étrange, il devra recenser, agencer, mettre en scène une véritable collection d'objets, de reliques du quotidien, de vestiges d'une intimité disparue et pourtant soutirée depuis des années aux défunts du village voisin. Car ces objets ont un seul point commun : ils furent tous volés quelques heures après la mort de leur propriétaire... Empreintes du temps qui passe, variations autour de la mémoire, accumulations, obsessions : la mission de cet homme est complexe car le musée du Silence devra être à la hauteur des souvenirs de la vieille dame.

 

Le Musée du silence m'est apparu comme une originalité : un homme est embauché pour faire un musée dont les objets à présenter en vitrine ne sont par des objets d'art conventionnels, historiques, mais des emblèmes du passage sur terre de leur propriétaire. Ce sont des symboles de vie après la mort des habitants du village : parfois ils résument de façon évidente l'intérêt d'une vie, une passion, un métier, parfois ils sont davantage représentatifs de l'émotion du jardiner, de la jeune fille ou du muséographe qui sont  allés les récupérer subreptissement sur le défunt ou dans sa demeure. L'entreprise de cette vieille femme est atypique et nécessite discrétion ainsi que volonté et passion. Une définition de la muséographie est distillée dans le texte. Nous sommes en présence d'un texte qui interroge sur notre place en ce monde et l'empreinte qu'on laissera. Il s'agit d'un récit sur le souvenir et le questionnement de son propre cheminement.

Publié dans Roman japonais

Commenter cet article