Les heures souterraines de Delphine de Vigan

Publié le par Brouillard

Les heures souterraines   de Delphine de Vigan

J.C. Lattès, 2009

299p .

Delphine De Vigan - Les heures souterraines. 

 

Mathilde et Thibault ne se connaissent pas.

Au coeur d'une ville sans cesse en mouvement, ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions.

Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai.

Les heures souterraines est un roman vibrant et magnifique sur les violences invisibles d'un monde privé de douceur, où l'on risque de se perdre, sans aucun bruit.

 

 

En lisant la descente aux enfers de Mathilde, j'avais en tête le livre d'Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements. Je ne pouvais pas m'empêcher pendant la lecture des passages qui concernaient le personnage de Mathilde de regretter que ce récit que je lisais n'ait pas bénéficié de la même publicité. Je suis conquise par l'écriture de Delphine de Vigan : par la justesse des sentiments, la pudeur et l'interprétation si sincère et fidèle du désespoir humain, des difficultés de la vie auxquelles il faut faire face mais qui submergent intérieurement. Mathilde subit des vexations au travail, elle est poussée à la dépression et mise de côté dans une entreprise française. Les rouages de l'humiliation sont bien ficelés et la descente dans la tombe semble immuable. Comment lutter ? Quels sont les pièges à éviter? Comment se prémunir et rester toujours aux aguets pour ne pas sombrer ? Pour rester dans la course, conserver son intégrité et sa reconnaissance sociale ?

 

Le personnage de Thibault, est celui du médecin social qui se déplace chez les gens pour les soigner. Il est confronté aux problèmes du quotidien, à la misère, à la solitude des personnes, à la violence. Il passe d'une situation à l'autre sans transition, il n'a pas de pause. Quand il n'est pas en rendez-vous, il est dans les embouteillages pour se rendre sur le lieu d'une autre consultation. Il est spectateur des mouvements de la Ville de Paris. Outre ces considérations sociales qui jalonnent le récit, la détresse de Thibault réside dans ses rapports amoureux avec une femme qui ne l'aime pas. L'indécision, le malaise jusqu'à la rupture et au doute sont cités sans tomber dans le pathos.

 

Le dernier personnage du récit est Paris, avec ses habitants comme autant de fourmis qui avancent rapidement et qui laissent sur le bord du chemin les faibles qui ne sont plus aptes à suivre le rythme. Paris est impitoyable, infatigable, vivante. Le métro est un monstre, les souterrains qui le composent sont des passages obligés où les gens se croisent, les regards s'évitent ou s'échangent en une fraction de secondes car la vitesse est le maître-mot des déplacements parisiens.

 

Le récit des vies de Mathilde et Thibault se croisent, s'alternent. On se laisse emporter dans les pensées d'une personnage puis l'autre réapparaît.

 

Publié dans Roman français

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**Fleur** 17/06/2012 21:06


J'adore la plume de Delphine de Vigan, je suis entrain de lire son dernier, vraiment superbe !

Brouillard 18/06/2012 11:25



Je viens de lire et terminer : Un soir de décembre ainsi que No et moi.


Mon adhésion à cette auteure n'en est que plus accrue. ^^