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5 articles avec roman americain

A moi seul bien des personnages de John Irving

Publié le par Brouillard

Mon premier contact avec l'auteur John Irving n'est pas Le monde selon Garp qui lui a pourtant valu un prix littéraire, le National Book Award. Non, j'ai été attirée par A moi seul bien des personnages qui traite du désir du narrateur de devenir écrivain, de la quête de son identité sexuelle à une époque où l'homosexualité est perçue comme un trouble qui peut se soigner. Nous sommes plongés dans une époque où le secret est maître, où se dévoiler revient à se mettre en danger. Billy, le narrateur bisexuel, personnage principal du roman, raconte les aventures tragi-comiques qui marquent durant près d’un demi-siècle sa vie de «suspect sexuel».

Le narrateur est encore plus suspect que les homosexuels, car il se revendique bisexuel, c'est-à-dire qu'il est en marge de cette "déviance" sexuelle telle que la société la perçoit. Nous grandissons avec Billy, partageons ses émois, traversons avec lui les années, découvrons en même temps que lui les secrets et les non-dits de son enfance. Dans un lycée entièrement masculin, être attiré par ses confrères est répréhensible. Nous avons aussi une vision de la vie au XXème siècle, les moeurs, les habitudes et pensées. Chronique sociale très vivante et aux personnages attachants. L'écriture de John Irving a su me séduire et m'emporté sans que jamai aucune lassitude ne se fasse sentir. Cela me donne envie de lire LE livre que tout lecteur ou non a en tête à l'écoute du nom John Irving.

Pour l'instant je peux le revendiquer, j'ai eu un coup de coeur

A moi seul bien des personnages par Irving coeur A moi seul bien des personnages, Seuil 2013

John Irving traite ici du désir, du secret, de l’identité sexuelle. À moi seul bien des personnages est une histoire d’amour inassouvi – une histoire tourmentée, drôle et touchante – et une approche passionnée des sexualités différentes. Billy, le narrateur bisexuel, personnage principal du roman, raconte les aventures tragi-comiques qui marquent durant près d’un demi-siècle sa vie de «suspect sexuel», expression déjà employée par Irving en 1978, Le Monde Selon Garp, un roman qui fit date. Livre le plus politique de John Irving depuis L’Œuvre de Dieu, la part du Diable et Une Prière pour Owen,À moi seul bien des personnages est un hommage poignant aux ami(e)s et amant(e)s de Billy – personnages de théâtre défiant les catégories et les conventions. Enfin et surtout, À moi seul bien des personnages est la représentation intime et inoubliable de la solitude d’un homme bisexuel qui s’efforce de devenir «quelqu’un de bien». Irving nous enchante avec cette formidable chronique de la seconde moitié du vingtième siècle américain, du grand renfermement puritain face à la libération sexuelle et à la guerre du Viet Nam, sans oublier l’évocation de l’épidémie de sida et ses ravages ainsi que l’effarant silence des gouvernants (Reagan). Mais toujours de l'humour, beaucoup d’humour, arraché à la tristesse et la mélancolie.

 

Publié dans Roman américain

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La Chapardeuse de Rebecca Makkai

Publié le par Brouillard

La Chapardeuse de Rebecca Makkai

Gallimard, 2012

Chapardeuse par MakkaiLucy, célibataire pas encore trentenaire, est bibliothécaire dans une petite ville perdue du Middle West. Ian, dix ans, fils unique de chrétiens fondamentalistes homophobes, est son plus fidèle lecteur. Un beau matin, elle le découvre sur son lieu de travail réfugié parmi les livres. Contre toute attente, elle ne va pas le ramener tout de suite à ses parents. Ensemble, ils vont parcourir plusieurs Etats de cette Amérique post-11-Septembre. Pour ce gamin rêveur, c'est la découverte du vaste monde ; pour elle, l'occasion de s'interroger sur ses origines russes, le déracinement de ses ancêtres et leurs aspirations à plus de liberté. Rebecca Makkai signe ici un premier roman humaniste et original en forme de road-book. Une balade épique et onirique qui décortique les traumatismes d'une nation faite d'immigrants, de fugueurs et de chapardeurs d'identités.

 

  Oh oui, on aime les livres ! Même un enfant de 10 ans aime lire de la littérature enfantine comme adulte, aime choisir ses lectures.

Dans les livres on trouve des sujets de réflexions, des visions différentes du monde. Lire c'est acquérir une ouverture d'esprit que les parents du personnage de Ian lui refusent puisqu'une liste d'ouvrages interdits est fournie à Lucy. Mais Lucy ne suivra pas cette préception, elle contournera ce dispositif, proposera des titres. 

C'est une belle odyssée sur l'amitié, la liberté, l'évasion.

Evan et Lucy sont complices, ont des secrets qui les mèneront sur les routes d'Amérique. Le récit nous plonge dans une épopée fantasque.

American Beauty - Bruce Rolff

Illustration de Bruce Rolff

Mais ce ne fut pas un coup de coeur pour moi, comme j'ai pu le lire ailleurs. J'ai trouvé le récit trop lisse. Il soulève des questions mais n'y répond pas, ne va pas au fond des choses et des idées qui le jalonnent.

Publié dans Roman américain

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Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates d'Ann Mary Shaffer

Publié le par Brouillard

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates d'Ann Mary Shaffer

Traduit de l'anglais par Aline Azoulay-Pacvcon

Editeur : Nil, 2009

 

 

Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey , découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.

 

Voici un livre qui est vivement conseillé et qu'à mon tour je recommande. Cette correspondance est d'autant plus vivante et vivifiante qu'elle est polyphonique, traite de la guerre, de la vie sous l'occupation sur l'île de Guernesey. Nous sommes au lendemain de la guerre, les privations sont encore présentes, Juliet, écrivaine est le ciment de cette correspondance qui met en présence des habitants de Guernesey qu'elle découvre par des lettres, ainsi que son éditeur, la soeur de ce dernier qui n'est autre que sa meilleure amie et un mystérieux homme qui lui envoie des fleurs. La relation avec les habitants de Guernesey se tisse vite et avec force jusqu'à mener à la rencontre physique des protagonistes et à la découverte de l'île. Il y a de la poésie, de la générosité, de l'amitié et de la tristesse dans ces vies touchées et bouleversées par la guerre, mais il y a aussi beaucoup de force et des leçons à retenir pour affronter l'avenir le regard tourné vers cet horizon plus clair.

 

Challenge 2010

Publié dans Roman américain

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La nuit de l'oracle de Paul Auster

Publié le par Brouillard

La nuit de l'oracle de Paul Auster paru chez Actes Sud en 2004

Traduit de l'américain par Christine Le Boeuf

 

 

Après un long séjour à l'hôpital, l'écrivain sidney orr est de retour chez lui.
Toujours aussi amoureux de sa femme grace, il reprend lentement goût à la vie. mais il est accablé par l'ampleur de ses dettes et par l'angoisse de ne plus jamais retrouver l'inspiration. un matin, alors qu'il fait quelques pas dans son quartier, il découvre une toute nouvelle papeterie, au charme irrésistible. sidney entre, attiré par un étrange carnet bleu. le soir même, presque dans un état second, sidney commence à écrire dans le carnet une captivante histoire qui dépasse vite ses espérances. Sans qu'il devine oú elle va le conduire. ni que le réel lui réserve de plus dangereuses surprises.

Virtuosité, puissance narrative, défi réciproque de l'improvisation et de la maîtrise, la nuit de l'oracle précipite le lecteur au coeur des obsessions austériennes, dans un face à face entre fiction et destin. comme si l'imaginaire n'était rien d'autre que le déroulement du temps avant la mort. ou pire encore, son origine.

 

La vie d'un écrivain est ici l'objet du récit. Il est question du travail d'écriture, mais aussi de la vie personnelle de l'auteur dans laquelle se mêle également un peu de fiction. L'originalité du récit réside dans le fait que l'auteur fasse des renvois par des notes de page qui font passer d'un niveau à l'autre. Nous sommes en présence de récits enchassés : Sidney Orr, écrivain sort d'une longue maladie et se plonge dans l'écriture d'un récit qui met en scène un éditeur. Les deux vies des personnages sont complexes et sont des courses en avant : Sid endetté, son ami malade et sa femme troublée qui lui cache ses soucis, tandis que le personnage fuit sa vie sur un coup du destin. La lecture est prenante, passionnante, exhaltante...

 

Challenge 2010 

Publié dans Roman américain

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Firmin, autobiographie d'un grignoteur de livres de Sam Savage

Publié le par Brouillard

Firmin, autobiographie d'un grignoteur de livres de Sam Savage

Actes Sud, mai 2009
202 pages
Illustrations de Fernando Krahn
Traduit de l'américain par Céline Leroy
Titre original : Firmin
Editeur original : Coffee House Press, Minneapolis, Minnesota, 2006


http://imworld.aufeminin.com/dossiers/D20090721/firmin-RESIZE-145546_L.jpg


Autobiographie d'un grignoteur de livres, Firmin raconte l'histoire d'un rongeur érudit qui a vu le jour dans les sous-sols d'une librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril de Boston des années 1960. Plein d'appétit pour les mots, épris de nourritures spirituelles autant que terrestres, Firmin ne peut communiquer tous ses coups de coeur ni exprimer ses détresses, et voit avec révolte se déliter sa race comme son quartier, cernés par l'incompréhension des hommes et les mécanismes du profit. Mais la rencontre avec un romancier marginal le sauve du pessimisme ambiant. Superbe homage aux valeurs de l'écrit et aux singularités de toutes espèces, l'aventure de Firmin est aussi un fabuleux trait d'union entre littérature, exclusion et résistance.


J'ai trouvé l'idée originale, l'histoire intéressante, le point de vue novateur : le rongeur qu'est Firmin est lui-même un marginal parmi ses douze frères et soeurs. Il est le premier a mangé du papier avant de vouer une admiration sans bornes à la littérature. Même en période de famine, il ne se nourrira plus de livres ! La décadence de son quartier est peinte avec précision, du moins de ce qu'en voit Firmin. Ce point de vue interne est conservé tout au long du roman puisque c'est Firmin qui raconte sa vie, son histoire, ses goûts tant littéraires que cinématographiques et ses rencontres, son impuissance face aux situations de la vie.

Publié dans Roman américain

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