Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

11 articles avec roman policier

L'armure de vengeance de Serge Brussolo

Publié le par Brouillard

L'armure de vengeance de Serge Brussolo

Livre de poche, 1999

 

Une enquête gothique et cruelle, par l'auteur du Chien de minuit, prix du Roman d'Aventures 1994, qui nous convie à une envoûtante exploration des sortilèges du Moyen Age.
Le chef-d'oeuvre du maître français du suspense machiavélique.

L'action se passe au Moyen-Age. Jehan de Montpéril, serf élevé au rang de chevalier par sa bravoure au combat se trouve entraîné dans un mystère. Il doit surveiller une armure maudite qui se lèverait seule la nuit pour tuer la femme et les enfants des grands seigneurs qui portent cette armure lors de tournois. Cette armure est légendaire - l'armure de sable-, noire, elle ne reflète par le soleil comme ses consoeures, elle est d'un seul tenant protégeant entièrement le chevalier qui se sent invicible. Le clergé ne la perçoit pas d'un bon oeil puisque le chevalier ainsi revêtu est un guerrier de Dieu moins vulnérable et perd donc de sa valeur du fait de la diminution de la prise de risque encouru pendant le combat au nom du Seigneur. 

Le début du récit nous replace dans le contexte de la réalisation de l'armure, par un forgeron Job, qui pour atteindre son objectif a tout sacrifié. Sa fille Sigrid, pour survivre après la disparition de son père se déguise en écuyer pour louer l'armure aux nobles. C'est la nuit d'une de ces locations que la mort frappe de façon sanglante et avive la légende morbide et terrifiante de l'armure de sable.

L'écriture de Serge Brussolo nous emporte dans la noirceur du Moyen-Age, dans ses moeurs dures et violentes. Jehan n'est pas aimé des autres chevaliers car il n'est pas issu de sang pur, de haute lignée. Aussi l'enquête va être conduite par un détective malmené par ceux qui l'emploient, opprimé et oppressé par des coutumes injustes parfois. Le sang coule, les tortures sont légions sur les serfs : cette population de petite extraction considérée comme du menu fretin. La peinture des caractères de protagonistes est telle qu'il est difficile de ne pas s'attacher ou du moins être touché par ces destins.

Publié dans Roman policier

Partager cet article

Repost 0

Avant d'aller dormir de S. J. Watson

Publié le par Brouillard

Avant d'aller dormirde S. J. Watson

Sonatine, 2011

 

Avant d'aller dormir par Watson

À la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

 

Thriller psychologique d'une grande maîtrise.

Chaque matin, Christine se réveille sans aucun souvenir de son passé, indécise quant à son âge actuel, son lieu de résidence, sa famille. Comme l'héroïne nous écoutons Ben, son mari lui rappelait succinctement les grands traits de sa vie. Nous découvrons que malgré la perte de souvenirs, Christine fait des cachotteries à son mari. Elle tait le fait qu'elle est suivie par un thérapeute. Ce dernier, lui a fourni un cahier dans lequel elle note tout ce qui lui arrive dans une journée : aussi bien en ce qui concerne les événements que les sentiments qu'ils lui inspirent. Son drame vient du fait que dès qu'elle s'endort, tous ses souvenirs du jour s'effacent.  

Son journal intime fait le lien entre le passé et le présent, répond aux questions récurrentes qu'elle se pose au réveil : "Quand me suis-je mariée à Ben?, Suis-je mère?, Ai-je une amie, une confidente?, Ai-je réalisé mon rêve de devenir écrivain?" Tout lui est révélé petit à petit. Elle va apprendre qui elle était au moment de l'accident qui l'a privé de mémoire.

Elle reste cependant tributaire du docteur Nash ou de Ben. Ce sont les piliers de sa vie, ceux qui égrainent des informations, qui lui parlent. Ce sont des prismes à travers lesquels elle regarde pour y déceler son passé. Mais au fur et à mesure, comme elle, nous hésitons à faire confiance à Ben dont les propos sont parfois trop abrupts, décousus, manquant d'affection, montrant une tension. Pourquoi a-t-elle écrit cette mise en garde (Ne pas faire confiance à Ben) dans son journal?

 

L'écriture est alerte. Chaque réveil n'est pas une répétition formellement identique du précédent. Les rappels sont nécessaires, participent pleinement de l'intrigue, mais des nouveautés s'immiscent dans les journées, par touches impressionnistes parfois. Les portraits de chaque personnage sont distincts, cohérents. Le dénouement révèle l'identité du méchant ou plus exactement patine le masque de méchant qui lui était déjà fiché dessus. C'est le délai dans la réalisation des événements qui me crée un malaise, pourquoi avoir attendu une semaine pour en arriver-là? Où est le docteur?  Malgré ce bémol, je n'ai pas été lassé par les répétitions, les doutes obsessionnels de Christine, sa paranoïa qui la faisait tourné en rond et ralentissait l'accès au dénouement. J'ai passé un agréable moment de lecture!

Publié dans Roman policier

Partager cet article

Repost 0

L'enfant des cimetières de Sire Cédric

Publié le par Brouillard

L'enfant des cimetières de Sire Cédric

Le Pré aux Clercs, 2009

Thriller gothique

 

 

QUAND L'HORREUR SONNE À VOTRE PORTE ET QUE LES DÉMONS DEVIENNENT RÉALITÉ... ÊTES-VOUS PRÊT À OUVRIR LE LIVRE DE VOS NUITS BLANCHES ?

Lorque sa collègue Aurore l'appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d'une folie hallucinatoire vient de tuer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort. Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d'un hôpital et tue Kristel, la compagne de David.
Mais qui est à l'origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ?
Le journaliste, qui n'a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l'enfant des cimetières, jusqu'aux confins de l'inimaginable...
Thriller gothique époustouflant, L'Enfant des cimetières est servi par une écriture nerveuse terriblement évocatrice qui laisse le lecteur hypnotisé par l'horreur. Attention, si vous commencez ce livre, vous ne pourrez plus le lâcher !

  

Une fois commencé, je ne l'ai plus lâché. L'incipit est magnifique dans sa formulation, sa poétique, l'évocation de ses images fortes, troublantes. Le jeu des lumières, les corps qui se mélangent, c'est onirique, fantasmagorique, tout en étant plongé dans la noirceur, la monstruosité. Cette union provoque dégoût, mais aussi admiration tant l'écriture est lascive au contact de ce démon femelle.



Après le prologue, nous plongeons au coeur de l'horreur qui va crescendo. Le meurtre de la famille qui vit à côté du cimetière n'est que le début d'exactions toutes plus pénibles les unes que les autres. David, photographe de presse, est le point d'entrée, le regard humain porté sur ce drame. C'est sa collègue Aurore, dans un premier temps et lui ensuite, qui mène l'enquête au-delà des apparences et de l'entendement. Le fantastique s'insinue peu à peu dans le récit. Nous dépassons la connaissance humaine, rationnelle pour atteindre la légende, le mystère, le cabalistique avec tous les rituels que cela comporte.

Le meurtrier est inquiétant, déroutant, fort, vicieux, pernicieux, faible et fragile à la fois. Il est entouré d'ombres menaçantes, blessantes, personnifiées. Ce sont d'anciens humains qui ont basculé après la mort.  

 

Le point de vue, les pensées du monstre sont transcrites en italique tandis que les faits et les pensées humaines sont droites. Les deux se croisent dans un jeu de valse démoniaque.  

 

Entrer comme moi dans ce récit :

     Souvent il fait le même rêve.

     Un rêve de nuages noirs, si noirs qu'ils ressemblent à d'immenses ombres vivantes, se regroupent au-dessus de la mer. Il en vient de partout. Des ténèbres veloutées remplacent le ciel, effacent la lune ronde, s'étalent à perte de vue, jusqu'à ce que le monde soit plongé dans une obscurité profonde.

     Sur la côte, alors que s'étend la noirceur, les animaux ont déjà regagné leurs terriers. Les hommes se barricadent à leur tour, pour échapper à la tempête qui s'annonce.

     La mer se froisse, rugit.

     Les vagues se soulèvent au large, là où nul navire ne vogue.

     Là où nul oeil humain ne pourrait être témoin de son arrivée.

     Une silhouette féminine crève la surface des eaux - dans un jaillissement d'embruns _ et s'élève dans les airs.

     Elle monte jusqu'au coeur de l'orage, lumineuse, seulement vêtue d'une robe d'écume qui scintille de diamants. Avec sa chevelure déployée et son rire mélangé à la fureur des éléments, elle chevauche les nuages noirs qu'elle a invoqués pour couvrir son escapade.

     Dans la langue des hommes, on la nomme Naemah. Elle vient des enfers - cette région froide de l'éther où les âmes se tordent dans un océan de flammes bleues -, ce qui est justement le fruit de son désespoir, car même pour les démons l'éternité n'a aucune saveur. Naemah s'y ennuie à mourir. 

     En comparaison, la terre des humains regorge d'une infinité de distractions.

[...]

     Cela fait longtemps que le démon n'a pas volé avec les orages. L'obscurité, le vent, la pluie lui ont manqué. Et ces éclairs qui crépitent autour d'elle, dans une fabuleuse odeur d'ozone ! Son rire redouble, devient jubilation, tonnerre, fracas, arbres calcinés.  

Publié dans Roman policier

Partager cet article

Repost 0

Qui pro quo de Gesualdo Bufalino

Publié le par Brouillard

Qui pro quo de Gesualdo Bufalino

Julliard, 1993

Traduit par Jacques Michaut-Paternò

Roman policier

 

 

Un éditeur convie des amis à venir se reposer sur son île dont la propriété a été dessinée par un architecte qui s'est inspiré de la physionomie du propriétaire. Le lieu est alambiqué comme d'ailleurs les personnages qui le peuplent. Ce sont des excentriques qui profitent de la richesse de l'éditeur. C'est dans ce climat étrange de personnages loufoques que le meurtre de l'éditeur va survenir. Son assistante, jeune fille émule d'Agatha Christie va aider l'enquêteur à démêler la vérité et va elle-même s'épanouir.

 

Dans un climat de détente, le meurtre surgit et rompt le calme. L'originalité du roman, réside dans l'apparition de letttres rédigées par la victime qui surgissent après le drame et qui accusent depuis la tombe.

Hélas mon ressenti est négatif, car j'avais résolu l'énigme bien avant la fin. Je n'ai pas adhéré au contexte qui d'après moi ne plongeait pas assez dans une atmosphère mystérieuse. Ceci est regrettable.

 

Citation : Il n'était pas loin de trois heures lorsque j'allai me coucher, mais je fus incapable de trouver le sommeil. La chirurgie que j'avais subie m'avait plu simplement un peu. Toutefois j'en avais retiré un réconfort mental, le même que l'on éprouve en se pressant un comédon sur le menton. Murée dans ma virginité, je l'avais jusque-là subie comme une camisole de force, de façon claustrophobe. Je me sentais maintenant tellement plus libre, tellement plus sage.

 

 

Publié dans Roman policier

Partager cet article

Repost 0

Les disparus de Dublin de Benjamin Black

Publié le par Brouillard

Les disparus de Dublin de Benjamin Black (John Banville)

Nil éditions, 2010

Titre original :

Traduit de l'anglais (irlandais)par Michèle Albaret-Maatsch

 

 

 

 

Dublin, années 1950. Quirke, légiste et handicapé du cœur qui noie ses questionnements dans la bière et le whisky (entre autres), découvre un soir son beau-frère assis à son bureau, à la morgue. Ce dernier, surpris et visiblement gêné, dissimule à la hâte le dossier sur lequel il était penché - en réalité l'acte de décès d'une jeune femme qu'il était en train de falsifier. Quirke entr'aperçoit le cadavre. Le lendemain, quand il revient à son bureau, le dossier a disparu, le cadavre s'est envolé... Et voilà Quirke embarqué dans une enquête qui va dynamiter la haute société catholique de Dublin. Et gangréner l'âme de sa propre famille, réveillant ses tourments les plus enfouis...

 
Une intrigue sombre, audacieuse, captivante. Un héros complexe et particulièrement attachant, à l'image d'un univers où les « bons » sont souvent plus véreux qu'ils n'y paraissent et les « méchants » plus droits qu'on l'imagine. Plus toute la virtuosité stylistique de Banville, alias Black... On est réellement replongé dans l'Irlande d'après-guerre, ultracatholique et pudibonde, on sent la fumée de cigarette dans le pub favori de Quirke, on touche les parois du couvent qu'il visite ensuite... Et on a hâte de lire la suite (trois volumes sont prévus) de ses aventures !

 

Roman policier qui met en place une intrigue et les liens entre les personnages de façon efficace. Le protagoniste central n'est pas infaillible, il a même commis de nombreuses erreurs par le passé, mais il essaie de changer. Ses fautes le hantent et font de lui autant un personnage impliqué dans l'intrigue qu'un enquêteur qui lève le voile sur un mystère géré par le réseau de la haute société irlando-américaine qui se croit au-dessus des lois, intouchable. Sous couvert de la charité chrétienne, ces individus disposent de la vie des autres à leur gré. Ils sont à la tête d'un trafic de bébés face auquel Quirke va s'interposer.

L'écriture sombre de John Banville alias Benjamin Black est admirable, précise. Elle nous plonge dans les tréfonds du personnage et de la vie des bourgeois irlandais des années 50. L'intrigue mêle amours contrariés, justice à deux vitesses, menaces et une vision pervertie de l'Eglise. Ce roman policier est le premier d'une série dont il me tarde de lire les autres récits.   

Publié dans Roman policier

Partager cet article

Repost 0

La mort n'oublie personne de Didier Daeninckx

Publié le par Brouillard




Mai 1944 : le jeune Jean Ricouart entre dans la résistance. À la suite d'une opération à laquelle il participe, il est arrêté, torturé, déporté en Allemagne. Il ne rentre au pays qu'en février 1946, où il épouse Marie. Il est aussitôt accusé de meurtre par un juge qui officiait déjà du temps de Pétain, et condamné à sept ans de prison.
1963 : Lucien, le fils de Jean, se fait traiter de fils d'assassin. Il se sauve du lycée et meurt pendant sa fugue.
Vingt-cinq ans plus tard, un ami de Lucien, journaliste, enquête sur la vie de Jean Ricouart et l'interroge, comme pour confirmer cette ultime phrase écrite par Lucien : "Mon père n'est pas un assassin."


Magnifique roman, dont le réalisme est tel que nous avons plus l'impression de lire un document historique de cette époque que de lire un roman. Ou plus exactement, c'est là que réside tout l'art littéraire de l'auteur qui nous immerge dans cette époque où le jugement de ces résistants pour le "meurtre" d'un délateur soulève en nous un sentiment d'injustice. En temps de guerre, des décisions radicales sont prises dans un contexte exceptionnel, tout différent de celui de la paix : sauver son pays suppose de savoir éliminer ceux qui pourrissent un pays déjà mutilé.

Jean Ricouart n'est pas un héros, il est un anonyme qui est entré dans la résistance un peu par hasard. Il appartient au réseau qui s'est formé dans son village, il obéit aux ordres sans les remettre en cause, ne tue pas, mais ne dénonce pas non plus sous la torture. C'est un jeune homme fort qui se bat pour libérer son pays, qui aime et est aimé en retour par la fille d'un résistant qui le cache. Il connaît l'horreur des camps, mais la libération ne l'épargne pas puisqu'il est jugé et condamné. On lui reproche cette obéissance, cette absence de questions sur les actes auxquels il participait : le "meurtre" d'un imprimeur tué pour collaboration, l'éxécution d'un père et de son fils délateurs. Ce jugement jette l'opprobre sur la famille Ricouart.
Les parents vivent leur deuil en ignorant que leur fils s'est suicidé, victime de la méchanceté des autres enfants qui accusaient son père d'être un assassin. Ce silence sur la cause du décès de Lucien est comme un deuxième jugement de culpabilité énoncé contre le père. Cet homme qui a connu des hommes droits qui ont donné leur vie pour leur pays, mais aussi des gens mesquins même au sein de la résistance.
Le journaliste, en retraçant l'histoire, va faire des découvertes importantes qui vont à nouveau faire de Jean une victime, mais cette fois-ci il prendra son destin en main.

Ce roman est devenu un classique et pour cause il est très bien écrit, structuré et l'histoire est forte

Publié dans Roman policier

Partager cet article

Repost 0

1 2 > >>