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2 articles avec roman allemand

Le goût des pépins de pomme de Katherina Hagena

Publié le par Brouillard

Le goût des pépins de pomme de Katherina Hagena

Roman traduit de l'allemand par Bernard Kreiss

Editions Anne Carrière, 2010

Titre original : Der geschmack von Apfelkernenchez Verlag Kiepenheuer & Witsch, 2008

 

 

À la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. À sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu'elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu'elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l'entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l'histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes.
Katharina Hagena nous livre ici un grand roman sur le thème du souvenir et de l'oubli.

J'ai lu récemment un article sur ce livre dans le journal gratuit Le métro.Il en recommandait la lecture, mais disait aussi que le début du récit n'était pas accrocheur comme d'autres livres qui se dévorent à vive allure. Et je dois avouer que c'est aussi mon sentiment. Ce fut tout de même une lecture plaisante, où mon intérêt pour cette famille s'est accru à la fin du récit, sur l'histoire d'amitié entre Rosemarie, Mira et la protagoniste Iris. 

C'est un roman qui parle d'une famille, de son quotidien et des sentiments amoureux de plusieurs générations de femmes. Par un cheminement entre souvenirs et témoignages, le passé est reconstruit, animé par l'analyse qu'Iris opère au contact des robes de ses tantes, des lieux et des retrouvailles. Certains secrets se lèvent d'autres demeurent, car toutes les pièces pour résoudre les énigmes ne sont plus en mesure de parler ou ne le souhaitent pas.

 

Publié dans Roman allemand

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Le Parfum de Suskind

Publié le par Brouillard

Sur France 2 est passé le film, Le Parfum, histoire d'un meurtrier.

 L'histoire est la suivante : "Le bâtard qui voit le jour dans le quartier le plus nauséabond de Paris s'appelleraGrenouille, étrange nom guttural dont Gaillard (sa nourrice) et Grimal (le tanneur qui l'emploie à des tâches répugnantes) se font les échos, comme si la marginalité appelait forcément la marginalité. C'est donc dans la fange parisienne du XVIIIe que Grenouille, né sans parents ni amour, sans racines ni odeur, mène une vie de nomadisme olfactif, volant les odeurs, les imaginant, les recréant pour les infuser au monde entier. Sans distinction hiérarchique, il se pénètre de la moindre senteur, tout d'abord frénétiquement, puis avec méthode, pour finalement se livrer à un projet démiurgique et vampirique. Dans ce voyage jusqu'aux confins de l'imagination à la fois poétique et morbide, Süskind nous entraîne sans repos à la suite de son héros monstrueux, véritable buvard des essences dont l'ultime expérience revêt presque un caractère généreux et mystique."


Je n'avais pas vu le film, erreur corrigée ! Mais était-ce vraiment une erreur?

J'avais lu le livre, récemment en plus, donc je me souvenais non seulement très bien de l'histoire mais aussi de mes sentiments de lecture, de l'écriture de l'auteur qui parvient à retranscrire l'atmosphère nauséabonde de Paris, la progression intérieure de Grenouille. L'écriture était précise, fine dans la traduction  des sentiments des personnages et de l'absence d'émotion de Grenouille lorsqu'il donne la mort.

J'ai mieux ressenti le lien vital de l'odorat dans le livre que dans le film. Je ne dis pas que c'était mal fait, mais le contact avec cet être hors norme était plus intense dans le livre, plus profond.

La suppression de quelques scènes que je considérais comme importantes, marquantes dans le cheminement de Grenouille m'ont créée une déception. Je comprends l'enjeu filmique n'est pas le même que celui de l'écriture où l'on peut s'appesantir davantage dans des descriptions de plusieurs pages, mais par exemple, l'épisode solitaire de la montagne m'a paru un peu court. C'était un moment de rupture entre la vie en ville et celle en montagne isolée des hommes, de leurs activités et de leurs odeurs. Cette rupture m'a semblé être évacuée trop vite dans le film.


En début de film, lors du passage de mains en mains du bébé "Grenouille",  l'épisode où il est dans les bras d'un homme de Dieu qui se débarrasse de lui, le plus loin possible car il éprouve une gêne en sa présence, a été supprimé. Le malaise suscité par ce bébé est très bien exprimé dans la scène où les enfants de l'orphelinat veulent le tuer, mais cela peut aussi se comprendre comme le désir de supprimer une autre bouche à nourrir. Tandis que le moment qui conduit l'homme d'église à confier la bébé dévoilait la singularité malsaine, dérangeante de cet être. D'un moment émouvant où l'homme se prend à rêver qu'il prend soin de cet enfant, ce dernier, par son odorat, met à nu le curé, le décortique et le met tellement mal à l'aise qu'il lâche le bébé.

Autre passage supprimé, celui de la révélation ou plutôt de la prise de conscience de Jean-Baptiste de sa différence : il n'a pas d'odeur. Dans le livre, il remédie à ce problème en se créant une odeur aussi nauséabonde que celle des hommes du peuple qui l'environne. C'est un passage fort car c'est la première fois que les gens remarquent sa présence sans pour autant s'attarder sur lui. Il semble faire partie du décor tout en existant.
Je peux comprendre que ce passage ne figure pas dans le film pour que le moment d'apothéose, celui où il s'imprègne du parfum sublime, lui confère un statut divin, lui offre son moment de gloire, mais j'ai ressenti cela comme une amputation.

En réalité, la monstruosité du personnage est très bien rendue dans le film, mais parfois à la lecture de ce destin étrange et hors norme, une certaine forme d'empathie s'était créée pour cet orphelin marchandé et exploité. Au final, il s'est révélé être un parfait manipulateur et assassin méticuleux qui a surpassé le commun des mortels par son don.

Patrick Süskind a peint le portrait d'un personnage au destin grandiose dans sa noirceur. Il aurait pu faire de Grenouille un être attachant qui faisait de la création des parfums un art en vue de les partager avec la communauté mais au lieu de cela, la solitude  de ce personnage est accentuée, travaillée. C'est un être égoïste - à part - mais qui vise la perfection et réussit à l'atteindre.

Publié dans Roman allemand

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