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Le maître et Marguerite de Petrovic

Publié le par Brouillard

Le maître et Marguerite, film italien d'Aleksandar Petrovic de 1973

Comédie dramatique de 95 minutes

Avec UgoTognazzi, Mimsy Farmer, Alain Cuny, etc

Adaptation du roman Le maître de Boulgakov

 

 

 

1920 à Moscou. Nikolai, dit le Maitre, auteur à succès, se voit interdire par Berlioz, Président de l'Union des Ecrivains du Théatre Moscovite, la représentation de sa pièce qui met en scène Jésus Christ. En sortant du théatre, Nikolai rencontre et s'éprend d'une jeune femme, Marguerite, qui désormais voue son existence au Maitre. Le professeur Woland, magicien, supervise les actions des différents protagonistes. Il n'est autre que Satan et annonce à Berlioz qu'il sera décapité le lendemain..

 

Entre fantastique et dénonciation du réel, ce film traite du totalitarisme et de la menace de la censure pour les artistes. Un auteur dramaturge, Nikolaï Maksudov voit son jugement remis en cause par ses pairs qui craignent une réplique prononcée par Jésus à l'encontre de Ponce Pilate mettant en garde contre la violence  du pouvoir. Le diable oeuvre pour que la pièce soit jouée en public et que les membres de l'Union des Ecrivains reconnaissent l'existence de Jésus et par la même, la sienne. Nikolaï tente de défendre la vérité et sa liberté d'expression, mais l'oppression est telle qu'il est persécuté jusqu'à l'internement.

La menace exercée par le diable contre les membres athés de l'Union des écrivains est accentuée par la présence constante de ses acolytes et du chat noir qui pénètre chez les gens sans y être invité et sans se faire remarquer.

 

Publié dans Ciné -music -peinture

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Quartier lointain de Jirô Taniguchi

Publié le par Brouillard

Quartier lointain de Jirô Taniguchi

L'intégrale adaptation de Frédéric Boilet

Casterman, 2006

 

 

 

C'est à un voyage dans le temps poignant auquel nous assistons. Un homme de 48 ans qui se recueillait sur la tombe de sa mère revient à l'époque de ses 14ans, à quelques mois de la disparition de son père. En effet, ce dernier était parti sans aucune explication à la fin de l'été des 14 ans du jeune homme. Perturbé par ce retour dans le passé, Hiroshi Nakahara va modifier le passé et tenter de comprendre les raisons du départ de son père et de l'empêcher.

Entre la nostalgie d'une époque révolue et celle de la seconde chance qui s'offre au protagoniste, Jirô Taniguchi, nous peint une histoire forte où les secrets de famille sont dévoilés.

 

La lecture de ce manga était magnifique, tendre et prenante. Plus l'échéance était proche plus ma gorge était serrée et l'émotion intense.

 

Publié dans Manga

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La brocante Nakano de Hiromi Kawakami

Publié le par Brouillard

La brocante Nakano de Hiromi Kawakami

chez Philippe Picquier, septembre 2009

Traduit par Elisabeth Suetsugu

Titre original : Furudôgu Nakano shôten

 

 

A Tôkyô, la brocante Nakano n'est pas un repaire d'objets chers, mais plutôt originaux et incongrus, comme parfois les clients qui la fréquentent. Son propriétaire a un penchant très prononcé pour le sexe féminin, sa sœur Masayo fabrique des poupées, les jeunes Hitomi et Takeo viennent les aider. La boutique est comme une roue de la vie où se croisent, s'aiment et s'échangent les personnages, au gré de leurs attirances et de leur fantaisie. Avec délicatesse et sensualité, Kawakami évoque ces liens mystérieux qui se nouent entre les êtres, où l'on feint de jouer son amour aux dés et de prendre à la légère ce qui vous remue le cœur. Son roman résonne de mille petits bonheurs qui entrent en correspondance avec les hasards de la vie. Et le son qu'il en tire est léger et clair, telle la coupe offerte de la vie.

 

Comment dire, j'ai passé une agréable journée dans ce quartier de  Tokyo, dans cette famille improvisée, à découvrir cette histoire emplie de poésie. Les personnages que nous rencontrons au fil des pages sont aussi différents, singuliers que les objets hétéroclites qui sont vendus dans la brocante. C'est un lieu transitionnel pour les objets ainsi qu'un lieu de rencontres pour les individus qui en franchissent le seuil.  

Nous sommes comme happés dans cette brocante où nous vivons au rythme des mouvements perpétuels de Monsieur Nakano et de Takéo, l'employé qui le suit dans ces démarches de récupération d'objets. La présence de Masayo, la soeur de Nakano ouvre une nouvelle perspective de notre vision de la vie là-bas. Hitomi est la dernière arrivée en ce lieu où elle va connaître l'amour. C'est par son regard, son intériorité que l'attachement se produit.

 

Challenge ABC 2010

Publié dans Roman japonais

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La femme qui lisait trop de Bahiyyih Nakhjavani

Publié le par Brouillard

La femme qui lisait trop de Bahiyyih Nakhjavani

roman traduit de l'anglais par Christine Le Boeuf

Actes Sud, 2007

   

Téhéran, seconde moitié du XIXe siècle : la cour du shah fourmille d'intrigues de palais, complots et autres tentatives d'assassinat plus ou moins abouties, sous l'ironique et cruel regard de la mère du souverain persan... Voici que cette fois, pourtant, ce très ancien royaume va se trouver ébranlé non tant par les menées factieuses des uns ou des autres (menées qu'observe l'ambassadeur de Sa Royale Majesté la reine d'Angleterre) mais par l'irruption inattendue d'une poétesse fort lettrée dont, d'un bout à l'autre du territoire, les vers et les propos semblent agir sur quiconque en prend connaissance comme de puissants catalyseurs d'énergies "subversives" - voire "hérétiques" : entre ces deux adjectifs, que certains sont tentés de rendre synonymes, reste à savoir qui, de la poésie ou de la violence, va trancher... A travers la figure historique de la poétesse Tahirih Qurratu'l-Ayn, à laquelle la postérité se montra si peu soucieuse de rendre justice, et qui osa, en femme libre et en exceptionnelle rhétoricienne, affronter au péril de sa vie les tenants du pouvoir tant séculier que théologique de son temps, Bahiyyih Nakhjavani met en scène les enjeux éternels - et plus incandescents que jamais aujourd'hui - de la liberté d'expression dès lors qu'elle s'affronte aux puissants comme aux dogmes religieux. Ecrit dans une langue étincelante, qui croise subtilement les fils de l'Histoire, de la religion, de l'art et la question de la condition féminine, ce roman propose, sur le mode d'une fiction historique, une réflexion d'une indéniable actualité.

 

coeur

 

Chaque chapitre s'attarde sur la vie d'une femme : la mère (du shah), l'épouse, la soeur ( du shah), la fille (c'est-à-dire la jeunesse de la poétesse de Qazvîn, ainsi que sa propre fille).

 

Ce livre offre une vision des conditions de vie de la femme dans un pays où les hommes représentent le pouvoir et où les femmes sont isolées dans l'anderoun (partie de l'habitation qui leur est dédiée). Pourtant elles essaient à leur niveau d'influencer les hommes qui hélàs restent sourds à leurs prédictions. 

 

La mère du shah qui était régente quand son fils était trop jeune pour gouverner est frustrée d'avoir perdu le pouvoir sur le pays et sur son fils. C'est à une confrontation de puissance que nous assistons.

 

Le chapitre deux met en scène l'épouse du maire. La maison du maire sert en effet de prison au Shah, et c'est en ce lieu qu'est enfermée l'hérétique poétesse. C'est aussi le point de convergence des tensions qui existent entre la mère du Shah et ce dernier puisque la condamnation de cette femme est l'élément épineux de la politique du souverain. La seconde épouse à laquelle il est fait référence est celle du Shah. Il lui voua un certain culte à sa mort.

 

La soeur du Shah, bien qu'appartenant à la famille souveraine ne mène pas une vie meilleure que ses semblables. Au contraire, elle est le jouet de son frère pour conclure des alliances politiques. Sa sensibilité féminine l'a souvent mise en porte à faux.

 

Le chapitre sur la fille nous présente enfin la naissance des événements qui ont condamné la poétesse pour hérésie. Son défaut fondamental réside dans le fait qu'elle est sortie de son rôle de femme pour usurper celui des hommes. Lorsque j'écris ces lignes, je me positionne du point de vue des religieux qui l'ont condamné pour outrage aux coutumes et refus de se plier à celles-ci sous prétexte qu'elle savait lire et interpréter mieux que les hommes les mots du Livre saint.

 

Toutes ces femmes vivent dans un environnement où les lois sont dictées par les hommes et nous assistons aux alliances et trahisons que le temps provoque dans cette politique. 

 

Je crois avoir tout dit, sans en dévoiler trop, bien que le mal soit déjà fait je pense....

Toujours est-il que l'écriture est agréable, un lexique en fin d'ouvrage permet de comprendre les termes perses. Nous y retrouvons aussi une chronologie. Notre sensibilité ainsi que notre réflexion sont sollicitées dans ces lignes qui nous plongent dans un certain malaise.

 

Challenge ABC 2010

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citations diverses (2)

Publié le par Brouillard

Tout ce à quoi je pouvais penser, c'était à la maldresse d'Edward, à la façon dont ses doigts boudinés maniaient les objets. Entre ses mains, un livre surgissait comme un oiseau terrifié, les pages bruissaient, la jaquette battait l'air tandis qu'il regardait ailleurs, qu'il parlait par dessus son épaule jusqu'à ce que, dans un craquement sec, la chose en question tombât morte, l'échine brisée, et qu'il examinât alors avec une sorte dep perplexité coupable.
La Lettre de Newton de John Banville


D'ailleurs, je ne peux pas supporter les gens qui ne savent pas laisser filer les choses, qui s'accrochent et se plaignent. Quand une chose est finie, elle est finie. Terminé, on n'en parle plus. Lâchez-la donc! Oubliez-la et consolez-vous, si vous y tenez, avec l'idée qu'on ne trouve jamais exactement ce qu'on a perdu. C'est toujours autre chose. Du moment où ça vous lâche, ça change. [...] Je me suis fait une règle de ne jamais rien regretter ni de regarder en arrière. Le regret est une consternante perte d'énergie dont aucun futur écrivain ne peut se payer le luxe; on ne peut ni le façonner ni bâtir dessus; on ne peut que s'y vautrer. De même regarder derrière soi est fatal à l'art. Cela vous maintient dans votre misère. L'art ne peut ni ne veut supporter la pauvreté.
Je ne parle pas français de Katherine Mansfield

Publié dans Citations

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Georges Perros

Publié le par Brouillard

C'est ce que la volonté nie qui fait le sel de notre vie.
[...]
Le vécu c'est notre misère
Seul le vécu nous appartient

Une vie ordinaire de Georges Perros

Demander le sens d'un vers, c'est vouloir en savoir plus long que le poète lui-même.
Le sens d'un vers, c'est et ce ne peut être le vers lui-même.
Papiers collés de Georges Perros

Publié dans Citations

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