La lettre de Newton de John Banville

Publié le par Brouillard

La lettre de Newton de John Banville
Traduit de l'anglais par Michèle Albaret
Paru chez Flammarion, Interlude en 1996
117 pages
Titre original : The Newton Letter, Ed. Martin Secker & Warburg Li
mited, 1982


En 1693, Isaac Newton était un homme illustre, âgé de cinquante ans, auteur des Principia et des lois sur la gravitation, à la fois lecteur de la Bible et alchimiste, maître de l'ombre et de la lumière. Pourquoi, alors, avoir écrit cette lettre insensée, pleine de morgue et de fureur, au philosophe John Locke ? L'astronome doutait-il de lui-même ? De quoi s'effrayait-il donc tant?
De nos jours, au Sud de l'Irlande, un universitaire achève dans le calme d'une retraite bucolique son livre sur Newton. Mais, plus il travaille, plus le vertige des spéculations, des erreurs passées, l'entraîne à la dérive. A quoi bon ce désir d'expliquer ? Pourquoi ne pas laisser la vie, avec ses bruits et ses joies, l'odeur de la pluie approchante, la blondeur d'un giron, tout envahir, tout recouvrir ?
Sorcellerie forcenée des sens autant que des mots, La lettre de Newton célèbre les affinités entre biographie et oeuvre. A sa manière, comme un envoûtement, mêlant le réel au cours ondoyant de l'imagination, Banville poursuit l'élucidation des rapports entre la science et la vie.
 
La lettre de Newton est une des œuvres de ce qui est appelé "La tétralogie scientifique". Banville écrivant un ouvrage sur Copernic, Kepler, Newton et Méfisto.


Le narrateur, universitaire de son état, s'est installé dans une maison de contre-maître à Ferns en Irlande. Il se cherche et regarde son environnement peuplé de quatre personnages, les hôtes qui lui louent la bâtisse : Ottilie, Edward, Charlotte et un petit garçon, Michael. Ce qui les caractérise c'est une économie de moyens et de mots.
Le narrateur a provoqué cet "exil" pour se concentrer sur lui-même.
Il raconte à une mystérieuse Cliona pourquoi il a arrêté l'écriture d'un livre sur Newton mettant fin à sept années de labeur. C'est l'occasion pour lui d'analyser son ressenti sur les choses, ses doutes, mais  un tel processus l'a aveuglé face aux événements du monde extérieur, l'a rendu distant des vies de ses hôtes. La réalité des relations des personnages, de la conjoncture de cette famille ne lui apparaît que tardivement. Il décide alors de s'effacer.

L'écriture est remarquable, poétique. Elle joue avec les sens de la vue et de l'odorat, nous transporte dans un tableau intemporel où, en fond, se déploie une musique douce irisée d'amour. Les mots sont doux et précis pour que les pièces de ce puzzle s'épousent.
Livre à déguster sans modération!!

"Elle se tourna sur le côté et s'endormit subitement, me laissant seul pour bercer ma surprise et mon coeur glacé."

"L'espace d'un bref instant, j'eus l'impression d'être un enfant pressant la figure contre le carreau froid et inflexible du savoir adulte."

Citations

Publié dans Roman irlandais

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fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 04/09/2011 12:14


Blog(fermaton.over-blog.com)No-10, THÉOREME de NEWTON.
COPERNIC EST LA CLAVICULE DROITE DE NEWTON.