Infinis de John Banville

Publié le par Brouillard

Infinis de John Banville

traduit de l'anglais (irlandais) par

Robert Laffont, 20

 

  Infinis

 

Adam Godley, un brillant mathématicien - spécialiste de l'infinité des infinis et de la possibilité d'univers parallèles -, repose dans sa chambre, au seuil de la mort. Autour de lui, le veillent sa seconde épouse, sa fille et son fils accompagné de sa femme Helen, une comédienne à la beauté troublante. En un jour, en un lieu, ce monde mortel et imparfait va recevoir la visite des dieux de l'Olympe, des dieux à l'esprit facétieux, qui vont se plaire à prendre la place des humains pour satisfaire leur curiosité et leurs désirs illicites. Zeus, follement épris d'Helen, se fera passer le temps d'une nuit pour son mari afin de jouir de ses charmes... et tentera de poursuivre son oeuvre de séduction. Hermès, le fils de Zeus, narrateur espiègle de cette tragicomédie qui ressemble à un songe, se prêtera lui-même au jeu des apparitions, tandis qu'Adam revivra dans son esprit le souvenir de ses années passées. En s'inspirant de l'Amphitryon de Kleist, John Banville entrecroise les genres avec virtuosité, allie humour et gravité, dans une langue étincelante. Le réel et le merveilleux se répondent, donnent une profondeur envoûtante au récit. Et avec une subtile ironie, celui-ci ne cesse d'interroger le sens de notre existence et de sa finitude.

 

Quelle n'a pas été ma surprise de découvrir que Blog-O-Book proposait dans un partenariat avec Robert Laffont le nouveau titre de John Banville. Sans aucune hésitation et sans regarder les autres titres, je me suis ruée sur le formulaire que je me suis empressée de remplir dans l'espoir de recevoir ce livre. Réelle stupéfaction quand j'ai reçu le paquet contenant le précieux roman. J'éprouve un attachement particulier pour cet auteur. Je n'ai pas encore lu La Mer bien que tout le monde en parle comme de la référence - Booker Prize 2005. 

 

Ma lecture fut cahotique, vallonnée, j'ai laissé tomber le roman à cause d'une première partie sombre, pesante tant dans l'atmosphère que l'écriture. J'ai éprouvé des difficultés à identifier les personnages. Toutefois -après un arrêt assez long- j'ai repris la lecture et j'ai retrouvé un nouveau souffle avec l'arrivée d'un dieu dans la maisonnée. La deuxième partie s'annonçait sous de meilleurs hospices ! Mais ce ne fut finalement qu'à la partie suivante, une fois tout le décor et les personnages installés que les introspections purent réellement débuter ainsi que les rencontres, échanges parfois surprenants.

 

Bien que mon ressenti soit assez mitigé, je trouve que de bonnes idées jonchent le récit. Le langage savant des dieux redonne le goût des mots. Cependant une tournure de phrase employé par notre narrateur/observateur divin m'agaçait : "je ne me laisse pas...". Malgré cet achoppement -tout à fait personnel- le travail sur la langue et l'écriture de John Banville sont toujours aussi admirables. Du point de vue du genre, le jeu et l'humour que le fantastique pouvait faire naître n'est pas assez exploité.

Même déception que Noann : La 4ème de couverture "annonce une histoire fantastique, où des Dieux prennent la place des hommes. Je m’attendais dès lors à un récit où le magique et le merveilleux priment, où tout est possible, et en apogée une philosophie divine et incantatoire. Et que nenni ! Ces dieux sont humains, assez banals."

 

Cela confirme simplement qu'il est rare d'aimer tous les ouvrages d'un même auteur.

Je vais continuer mon exploration du royaume littéraire de John Banville avec Eclipse et La mer.

Publié dans Roman irlandais

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Anne Sophie 26/04/2011 17:59


je viens d'enregistrer ta participation au challenge magie et sorcelleries. bonnes lectures