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Black Rock d'Amanda Smyth

Publié le par Brouillard

Black Rock d'Amanda Smyth

Roman traduit de l'anglais par Bruno Boudard

Phébus, 2010

 

  "Une âme s'en vient, une autre s'en va", disait souvent tante Tassi, quand elle expliquait à la belle Celia que sa mère était morte en lui donnant le jour. Elle l'avait recueillie, et élevée auprès de ses deux filles, Vera et Violet, et de son second mari, Roman. Roman était pour Celia le diable en personne. Un être pernicieux, misérable et détestable ; une brute alcoolique, doublé d'un coureur de jupons. Elle aurait aimé se tromper, mais, le jour où elle devient femme, il commit l'irréparable et lui fit découvrir l'enfer. Le soir même, ne pouvant s'imaginer dormir une nuit de plus sous le toit de cet infâme personnage, elle s'enfuit du village de Black Rock à Tobago et entama, sans le savoir, un bouleversant voyage intérieur, celui vers l'âge adulte.
D'une plume intense et subtile, Amanda Smyth signe avec Black rock un premier roman aussi luxuriant que les paysages caraïbéens traversés par son héroïne.

 


Tout d'abord, merci à l'éditeur Phébus et à Blog-O-Book de m'avoir envoyé ce roman.

J'ai manqué de sérieux cette fois-ci dans le délai pour lire ce roman et surtout pour rédiger ma critique.

La lecture - une fois que mes occupations autres ont été bouclées- a pu être entamée et a été somme toute rapide.

 

Après avoir lu Ce que je sais de Vera Candida, je n'avais pas tout de suite envie de me replonger dans un roman sombre. Le destin de Célia est dans la lignée de celui de Vera Candida, un drame est à l'origine de sa naissance et  le passage à la puberté la conduit à vivre un nouveau drame, plus intense que le premier.  Je m'explique : Célia n'a pas connu sa mère, morte en couche, et est élevée par son oncle Roman et sa tante elle-même mère de deux filles. Roman est un dragueur alcoolique. Profitant de l'absence de sa femme et de ses filles, il viole Célia et la contraint au silence par des menaces. Se sentant trahie par sa tante, meurtrie dans son corps et son être elle décide de quitter la maison pour se rendre dans un premier temps à Tobago non loin de Trinité, lieu de résidence de sa tante Sula, pour ensuite rejoindre Southampton en Angleterre lieu de résidence de son père dont elle ne sait rien et n'a jamais reçu aucun signe. Lors de la traversée vers Tobago, elle fait un malaise et est recueillie par un jeune homme, William qui tombe sous son charme. Pourtant cette rencontre ne conduira pas à une belle histoire d'amour. Grâce à William, elle est embauchée comme jeune fille au pair par le docteur Rodriguez. Celui-ci profite de son statut pour posséder charnellement  Célia, jeune métisse qui va tomber amoureuse de son employeur, médecin blanc. 

 

De victime de viol, Célia va connaître l'amour passion. Cependant cet amour n'est pas sain. Et toute l'histoire va porter sur les sentiments et prise de conscience de Célia. En se construisant et en faisant ses propres expériences et ses erreurs, elle va découvrir la vérité sur sa naissance. 

 

L'histoire de Célia, somme toute assez prévisible n'a d'intérêt que dans l'éclairage qu'elle apporte sur les sentiments et ressentis d'une jeune fille pubère, soumise dans ses rapports avec les blancs. J'avais déjà compris le dénouement sur la filiation de Célia avant que celui-ci ne lui soit révélé, mais les nons-dits, les malaises, les blessures et les secrets qui jalonnent l'histoire permettent à celle-ci d'avoir du relief, de relancer la machine jusqu'au dénouement ultime. L'écriture d'Amanda Smyth est simple, sans fioriture.

Publié dans Roman irlandais

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