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Serge Joncour + Rimes de Claude Nougaro

Publié le par Brouillard

A l'écoute de l'émission "Des papous dans la tête" de France Culture, "les Papous voyagent, voyagent" du 2/10/16, une nouvelle version de cette chanson "Rimes" de Nougaro m'a plu.

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Et dans cette émission, l'auteur Serge Joncour, qui a reçu le prix Interallié 2016 pour son titre Repose-toi sur moi, s'imagine en candidat des primaires de l'assemblée des co-propriétaires d'un immeuble ;D [Ce titre sera ma lecture de fin d'année !]

Afficher l'image d'origine Repose-toi sur moi par Joncour

J'aime particulièrement l'auteur Serge Joncour que je ne connais pas depuis bien longtemps et dont je n'ai pas lu tous les livres, mais j'ai apprécié L'amour sans le faire (2012), l'Ecrivain national (2014) et mon coup de coeur L'homme qui ne savait pas dire non (2010).

Serge Joncour - L'homme qui ne savait pas dire non. Serge Joncour - L'amour sans le faire. Afficher l'image d'origine

 

Publié dans Roman français, Bavardage

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Le crayon du charpentier de Manuel Rivas

Publié le par Brouillard

Le crayon du charpentier de Manuel Rivas

Traduit du galicien par Ramón Chao et Serge Mestre*

Folio, 2002

Le Crayon du charpentier par Rivas

1936. Dans une prison galicienne, peu après le coup d'État de Franco, un jeune peintre anarchiste dessine avec un crayon de charpentier le célèbre Porche de la Gloire de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il prête aux différents personnages bibliques les gestes et le visage de ses camarades de captivité, tous condamnés à être assassinés lors d'une des sordides exécutions sommaires organisées par les fascistes. Le garde civil Herbal, chargé de surveiller les prisonniers politiques, suit en secret la progression du dessin et, le soir où, sur l'ordre de ses supérieurs, il tire une balle dans la tête de l'artiste, il ne peut s'empêcher de ramasser le crayon. Il est alors bien loin de se douter qu'à chaque fois qu'il le posera sur son oreille, celui-ci parlera avec la voix de la victime...
Un petit chef d'œuvre de finesse et de sensibilité qui s'élève tel un chant d'espoir au milieu des horreurs de la guerre.

 

coeur

Un chef d'oeuvre. Un livre poignant sur les représailles et les conditions de détention des rouges-communistes- et des républicains emprisonnés par les fascistes. L'histoire prend ses racines en Galice, au Nord-est de l'Espagne, elle lie deux personnages que nous suivront : le docteur Da Barca et le militaire Herbal.

Le récit commence par le présent des protagonistes en Espagne, bien après la guerre civile et après la mort du général Franco. Herbal raconte ensuite dans l'ordre chronologique, sans digression, les événements du passé, son histoire à Maria de Visitação "qui avait débarqué depuis peu de temps d'une île de l'Atlantique africain. Elle n'avait pas de papiers. On l'avait en quelque sorte vendue à Manila. [...]  Elle se disait qu'elle était trop au nord. Et qu'au-dessus de Fronteira commençait un paysage de brouillard, de tempêtes et de neige." Herbal est devenu une sorte de gardien dans un club.

Le docteur est en couple avec une femme magnifique, une belle plante rousse aux yeux verts, Marisa Manillo. Herbal connaissait de vue Marisa et représentait pour lui un idéal inaccessible.

Au tout début du récit, le docteur Daniel Da Barca se présente à un journaliste venu l'interviewer comme : "un révolutionnaire, expliqua-t-il soudain, un internationaliste. Un internationaliste de l'époque. De l'époque de la Première Internationale, si vous voyez ce que je veux dire !"

Le docteur Da Barca va être arrêté et emprisonné, déplacé, mais il restera toujours sous le contrôle, le regard du gardien Herbal qui met tout en oeuvre pour suivre et maintenir son ascendance sur le médecin. Cette stratégie est payante puisqu'elle lui offre la chance de voir lobjet de ses rêves, la fiancé du docteur. La peur dans la prison, les relations entre les prisonniers incertains sur le sort qui les attend, les conditions carcérales qui visent à retirer toujours plus sûrement toute liberté, tout moyen d'évasion même mentale sont bien dépeintes par le récit.

* J'ai lu un roman de Serge Mestre : La lumière et l'oubli, 2009(TB)

Serge Mestre est né dans le sud-ouest de la France d'un père républicain espagnol, réfugié politique. Traducteur, il réside depuis 1975 à Paris. Après Les Plages du silence (1991) et Le Livre des rives (1995), La Lumière et l'Oubli est son sixième ouvrage.

 

1953, quelque part en Catalogne, deux adolescentes trompent la vigilance des gardes civils, sautent du train et s'enfuient à travers la campagne. Filles de Républicains espagnols, Esther et Julia échappent ainsi à leur sort dans une Espagne soumise au joug franquiste.

Mais c'est trente-cinq ans plus tard, en France, qu'elles retrouvent la pleine mémoire de leur aventure. Par vagues successives, le souvenir brûlant les submerge et l'Espagne qu'elles ont fuie ressuscite en une fresque irréelle et terrible où se croisent de multiples destins : enfants martyrisés dans les couvents, lourds secrets des familles adoptives, médecins convaincus de pouvoir extirper «le gène du marxisme», résistants passeurs qui risquent leur vie à la frontière...

Bien au-delà d'un classique roman historique, La Lumière et l'Oubli est une épopée du souvenir, où remontent d'étranges coïncidences familiales, révélant à chaque personnage la face cachée de ses origines.

 

Publié dans Roman espagnol

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Quand le diable sortit de la salle de bain de Sophie Divry

Publié le par Brouillard

Quand le diable sortit de la salle de bain  : roman improvisé, interruptif et pas sérieux de Sophie Divry ; Notabilia, septembre 2015

 On lit et voit l'auteure jouer avec les mots lors de ses fusions de verbe "s'exclamaugréa ma mère", ""continunia maman" ;

elle joue avec le rythme des phrases, le souffle, dans ses phrases énumératives à rallonge -sur plusieurs pages pages parfois-, telle la liste de tous les plats somptueux d'un repas de famille ; 

elle joue aussi avec la répétition de mots : "j'habite dans un vieux quartier d'une ville ancienne, en vacances je vais chez ma vieille mère dans un vieux village réhabilité où on peut visiter de vieux châteaux historiques."

Le jeu porte aussi sur la syntaxe et la typographie avec l'apparition de ruptures de marges dans la forme justifiée du texte, de calligraphies, d'emploi du gras et d'un changement de polices selon des circonstances bien précises et coïncidant avec le récit. Effectivement souvent ces jeux visuels relèvent d'une prise de parole du personnage d'Hector ou du diable Lorchus. D'ailleurs dans le récit même la mise en scène visuelle est notifiée  "je lui demandai s'il s'exprimait en caractères gras par esprit de contradiction".

Sur l'histoire, vision de la vie d'une jeune femme touchant les minima sociaux et vivant un enfer personnel avec 40€ pour finir le mois (10 jours à tenir), où l'écriture, son échappatoire, est le lieu de tous ses fantasmes, mais ne la sauve de son quotidien difficile. L'humour est présent dans la forme et aussi dans le fond, ne sortez pas vos mouchoirs. On assiste aux pétages de plombs d'une détresse administrative, sociale, humaine, on a même droit à de petites leçons assez convenues. On ne tombe pas dans le misérabilisme de notre société et des êtres sans emploi en perdition, même si la recherche d'emploi et de revenus sont de vrais parcours du combattant.  

Pourtant moi, rien, néant, insensibilité totale à tous les efforts de l'auteure : 1 longue énumération oui, plusieurs lassent, une invention verbale pourquoi pas, du sexe on peut en saupoudrer le récit, mais là je ne lis que de la vulgarité qui d'ailleurs se présente comme telle, se revendique dans une sorte d'impolitiquement correct pour rompre avec le quotidien du personnage de l'auteure qui lui est navrant, semé d'embûches financières, administratives. C'est un vulgaire décalé qui est sensé faire rire ! Je n'ai même pas souri. Hermétique. Je suis passée à côté de cette sélection de l'été de ma bibliothèque municipale. En même temps les goûts et les couleurs, ça ne se commande pas. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans un petit studio mal chauffé de Lyon, Sophie, une jeune chômeuse, est empêtrée dans l’écriture de son roman. Elle survit entre petites combines et grosses faims. Certaines personnes vont avec bonté l’aider, tandis que son ami Hector, obsédé sexuel, et Lorchus, son démon personnel, vont lui rendre la vie plus compliquée encore. Difficile de ne pas céder à la folie quand s’enchaînent les péripéties les plus folles.

 

Publié dans Roman français

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le géant enfoui de Kazuo Ishiguro

Publié le par Brouillard

Le géant enfoui de Kazuo Ishiguro ; Ed Entre deux terre, mars 2015

« Ishiguro excelle à créer un univers, à instaurer des climats que l’on n’oublie pas. »Lire

 Axl et Beatrice vivent un amour constant qui a résisté aux années. Ils  décident de faire un voyage pour rejoindre leur fils, parti depuis  longtemps. De nombreux obstacles se dressent sur leur chemin, parfois  étranges, parfois terrifiants, et mettent leur amour à l’épreuve. Leur  parcours est une métaphore de nos vies à tous.

 Dix ans après Auprès de moi toujours, Kazuo Ishiguro revisite, dans Le  Géant enfoui, les thèmes shakespeariens qui traversent son œuvre : la  mémoire et l’oubli, la confiance et la haine, la vengeance et la justice.  L’histoire d’Axl et Beatrice, une allégorie du monde moderne, est d’ores  et déjà un monument de la littérature.

 

coeur Un couple aimant de petits vieux attaché l'un à l'autre vit dans une sorte de grotte, ils sont comme mis au ban de la société, ne font plus partie du centre de celle-ci, mais renvoyés en périphérie, sortes de rebus, travaillant encore au maintien de l'ordre et aux activités du village sans bénéficier des avantages de confort des autres habitants. De plus, une brume tenace et menaçante engloutit tout, tous les souvenirs des vieux Axl et Beatrice, limant chaque jour davantage leur passé. Dans une sorte de sursaut, ils décident de mettre en oeuvre un projet de longue date qui avait été masqué par les préoccupations du quotidien et cette brume, ils décident de prendre la route pour retrouver leur fils parti vivre dans un autre village lointain depuis plusieurs années.

« C'est bizarre la façon dont le monde oublie les gens et les évènements de la veille ou de l'avant veille. C'est comme une maladie qui nous atteint tous. » 

Etonnée par le mode de vie au haut moyen-âge de ces petits vieux qui oublient tout si facilement, dont la vie est régie de mains de fer, au millimètre près, où la paix entre saxons et bretons est si fragile. La peur de l'inconnu(e) de passage mène les habitants à préférer la violence à la générosité, ce climat de suspicion enveloppe les protagonistes. J'ai été transportée avec eux sur la route, j'ai fait des rencontres attachantes, surprenantes (elfes, ogres...), bouleversantes, intemporelles : Sir Gauvain, qui veille au bien-être des gens, continue la mission donnée par le roi Arthur décédé depuis peu, veillé à la sécurité du peuple en l'éloignant de Quéric, la dernière dragonne ; un chevalier saxon et son jeune apprenti. J'ai été touchée par les gestes tendres de ce couple aimant, optant pour une façade de force pour ne pas entraîner l'autre dans sa descente mentale-décadence physique, par ses doutes sur le passé qui pourrait troubler le présent et leur lien indéfectible. Intriguée aussi par cette société, ces mystères, ce climat fantastique, leur force de caractère, le mystère de la disparition de ce fils chéri et la levée du voile brume sur la vie des bretons. En effet, Axl et Béatrice décident de participer à l'éradication de la brume, nuage qui se lève dans leur esprit et fait renaître des souvenirs perdus dont celui de la teneur d'éloignement de leur fils parti s'installer dans un village lointain. 

La mémoire et l'oubli -thèmes de prédilection de Kazuo Ishhiguro-, le sont aussi pour moi, dans la mesure où la mémoire et l'amnésie sont des phénomènes qui me fascinent. Voyage étrange et merveilleux sur les rapports aux autres, sur le couple, sur le temps qui passe, dans une époque emprunte d'intemporalité, de légende arthurienne, chevaleresque, un peu antique.

Publié dans Roman anglais

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En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut

Publié le par Brouillard

En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut

Finitude, 2016

"Si tu ne saisis pas le petit grain de la folie chez quelqu'un, tu ne peux l'aimer. Si tu ne saisis passon point de démence, tu passes à côté. Le point de démence de quelqu'un, c'est la source de son charme". J'ai emprunté cette phrase au roman D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan, car je trouve qu'elle illustre bien le récit d'En attendant Bojangles. Le fils de la famille raconte son histoire atypique, celle du quotidien de sa famille, hors normes, joyeux, loufoque, aimant, déréglé. Des passages en italique, rende la parole à son père quant à son amour inconditionnel pour son épouse si vivante, dépaysante. Ce récit bien écrit, dynamise less rapports entre les personnages, donne un certain regard sur le fonctionnement de notre société, ses institutions.

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur "Mr. Bojangles" de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Publié dans Roman français

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La pierre et le sabre d'Eiji Yoshikawa

Publié le par Brouillard

 

J'ai fini La pierre et le sabre d'Eiji Yoshikawa, ce premier tome du roman initiatique sur la vie des samouraïs, sur l'histoire du Japon du XVIIè siècle avec ses clans, ses batailles, ses affrontements, ses beuveries, ses aventures, ses mœurs... J'ai adoré ! 

 L'apprentissage de la philosophie du combat, du sabre n'est pas de tout repos et n'est pas accessible à tous, au premier regard. Se battre au sabre n'est pas qu'une question de force et de techniques (multiples, chaque famille aux quatre coins du Japon ont mis en oeuvre des techniques spécifiques qui ont fait leurs renommées et leurs fortunes). Les réputations des hommes, des femmes et des  familles sont fondamentales dans les vies des japonais et qu'ils doivent les reconquérir pour bénéficier d'un bon accueil et regard par leurs voisins, leur village. Tout est une question d'honneur, de dignité.

 Nous suivons le parcours de plusieurs personnages : les amis  d'enfance Matahachi et Musashi, deux jeunes hommes qui ont  ont pris part à la bataille é de se faire soldat dans l'objectif initial de devenir des samouraïs  comme leurs pères, mais dont la route vers leur idéal est plus ardue qu'ils ne l'envisageaient et semée d'embûches sentimentales, philiosophiques, artistiques, techniques. Parallèlement à leurs destins, on suit aussi les vies des femmes Otsu, ancienne fiancée de Matahachi et Osugi, la mère de Matahachi qui va s'avérer être la plus acharnée des ennemis de Musashi. Deux autres personnages vont aussi participer aux méandres des autres personnages : Akemi et Jotaru. 

Tant l'écriture de l'auteur que les personnages, le récit, les différentes étapes de l'aventure du personnage de Takezo/Musashi, ses doutes, ses questions, ses victoires et ses défaites, ses apprentissages philosophiques, humains, ses croyances, sa volonté de survivre et se battre, le sang qui coule pour sauver sa vie ou pour se forger son art, tout ces éléments rendent attractifs ce récit de 857 pages. Aussi bien au contact de la ville que de la nature, avec des retraites dans des temples, Musashi affine son intellect, son regard, son affect, tisse une générosité qui ne semblait pas présente lors de sa rebellion de jeunesse. Les descriptions sont poétiques, colorées, vivantes, animées, fournies aussi bien celles de la nature, des façons de vivre, des brutalités de la vie des femmes, du pouvoir, des combats. C'est magnifiquement orchestré, documenté, fluide. Le plus dur réside dans la lecture des noms des protagonistes.

4ème de couverture : "Le sabre perça l'air avec le bruit sec d'une corde d'arc, et un cri foudroyant remplit l'espace vide...
Un énorme soleil rouge jaillit en flammes au-dessus du Higashiyama... Fasciné, vibrant de vie, Musashi le regardait monter...
Son sang parut sur le point de jaillir de ses pores. On eût dit le diable même, surgi de l'enfer."

Dans le Japon du XVIIe siècle, Miyamoto Musashi, jeune homme fougueux, n'aspire qu'à se battre. Recherché dans tout le pays, il est recueilli par un moine et n'a bientôt plus qu'un but : tendre à la perfection grâce aux arts martiaux.
Son sabre sera désormais serviteur du bien. Il ira de combats en conquêtes à la recherche d'amour et de sagesse, épaulé par le chant de sa tendre Otsu.
Un grand classique du récit initiatique qui marie amour, aventure et quête de soi.

 

Publié dans Roman japonais

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