Les disparus de Dublin de Benjamin Black

Publié le par Brouillard

Les disparus de Dublin de Benjamin Black (John Banville)

Nil éditions, 2010

Titre original :

Traduit de l'anglais (irlandais)par Michèle Albaret-Maatsch

 

 

 

 

Dublin, années 1950. Quirke, légiste et handicapé du cœur qui noie ses questionnements dans la bière et le whisky (entre autres), découvre un soir son beau-frère assis à son bureau, à la morgue. Ce dernier, surpris et visiblement gêné, dissimule à la hâte le dossier sur lequel il était penché - en réalité l'acte de décès d'une jeune femme qu'il était en train de falsifier. Quirke entr'aperçoit le cadavre. Le lendemain, quand il revient à son bureau, le dossier a disparu, le cadavre s'est envolé... Et voilà Quirke embarqué dans une enquête qui va dynamiter la haute société catholique de Dublin. Et gangréner l'âme de sa propre famille, réveillant ses tourments les plus enfouis...

 
Une intrigue sombre, audacieuse, captivante. Un héros complexe et particulièrement attachant, à l'image d'un univers où les « bons » sont souvent plus véreux qu'ils n'y paraissent et les « méchants » plus droits qu'on l'imagine. Plus toute la virtuosité stylistique de Banville, alias Black... On est réellement replongé dans l'Irlande d'après-guerre, ultracatholique et pudibonde, on sent la fumée de cigarette dans le pub favori de Quirke, on touche les parois du couvent qu'il visite ensuite... Et on a hâte de lire la suite (trois volumes sont prévus) de ses aventures !

 

Roman policier qui met en place une intrigue et les liens entre les personnages de façon efficace. Le protagoniste central n'est pas infaillible, il a même commis de nombreuses erreurs par le passé, mais il essaie de changer. Ses fautes le hantent et font de lui autant un personnage impliqué dans l'intrigue qu'un enquêteur qui lève le voile sur un mystère géré par le réseau de la haute société irlando-américaine qui se croit au-dessus des lois, intouchable. Sous couvert de la charité chrétienne, ces individus disposent de la vie des autres à leur gré. Ils sont à la tête d'un trafic de bébés face auquel Quirke va s'interposer.

L'écriture sombre de John Banville alias Benjamin Black est admirable, précise. Elle nous plonge dans les tréfonds du personnage et de la vie des bourgeois irlandais des années 50. L'intrigue mêle amours contrariés, justice à deux vitesses, menaces et une vision pervertie de l'Eglise. Ce roman policier est le premier d'une série dont il me tarde de lire les autres récits.   

Publié dans Roman policier

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Maeve 10/09/2010 18:16


Je suis super contente que le livre t'ai plu : je l'ai adoré aussi et je suis étonnée qu'on n'en parle pas plus en France. Vivement la suite (il en a déjà écrit 3 autres je crois).