L'enfant des cimetières de Sire Cédric

Publié le par Brouillard

L'enfant des cimetières de Sire Cédric

Le Pré aux Clercs, 2009

Thriller gothique

 

 

QUAND L'HORREUR SONNE À VOTRE PORTE ET QUE LES DÉMONS DEVIENNENT RÉALITÉ... ÊTES-VOUS PRÊT À OUVRIR LE LIVRE DE VOS NUITS BLANCHES ?

Lorque sa collègue Aurore l'appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d'une folie hallucinatoire vient de tuer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort. Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d'un hôpital et tue Kristel, la compagne de David.
Mais qui est à l'origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ?
Le journaliste, qui n'a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l'enfant des cimetières, jusqu'aux confins de l'inimaginable...
Thriller gothique époustouflant, L'Enfant des cimetières est servi par une écriture nerveuse terriblement évocatrice qui laisse le lecteur hypnotisé par l'horreur. Attention, si vous commencez ce livre, vous ne pourrez plus le lâcher !

  

Une fois commencé, je ne l'ai plus lâché. L'incipit est magnifique dans sa formulation, sa poétique, l'évocation de ses images fortes, troublantes. Le jeu des lumières, les corps qui se mélangent, c'est onirique, fantasmagorique, tout en étant plongé dans la noirceur, la monstruosité. Cette union provoque dégoût, mais aussi admiration tant l'écriture est lascive au contact de ce démon femelle.



Après le prologue, nous plongeons au coeur de l'horreur qui va crescendo. Le meurtre de la famille qui vit à côté du cimetière n'est que le début d'exactions toutes plus pénibles les unes que les autres. David, photographe de presse, est le point d'entrée, le regard humain porté sur ce drame. C'est sa collègue Aurore, dans un premier temps et lui ensuite, qui mène l'enquête au-delà des apparences et de l'entendement. Le fantastique s'insinue peu à peu dans le récit. Nous dépassons la connaissance humaine, rationnelle pour atteindre la légende, le mystère, le cabalistique avec tous les rituels que cela comporte.

Le meurtrier est inquiétant, déroutant, fort, vicieux, pernicieux, faible et fragile à la fois. Il est entouré d'ombres menaçantes, blessantes, personnifiées. Ce sont d'anciens humains qui ont basculé après la mort.  

 

Le point de vue, les pensées du monstre sont transcrites en italique tandis que les faits et les pensées humaines sont droites. Les deux se croisent dans un jeu de valse démoniaque.  

 

Entrer comme moi dans ce récit :

     Souvent il fait le même rêve.

     Un rêve de nuages noirs, si noirs qu'ils ressemblent à d'immenses ombres vivantes, se regroupent au-dessus de la mer. Il en vient de partout. Des ténèbres veloutées remplacent le ciel, effacent la lune ronde, s'étalent à perte de vue, jusqu'à ce que le monde soit plongé dans une obscurité profonde.

     Sur la côte, alors que s'étend la noirceur, les animaux ont déjà regagné leurs terriers. Les hommes se barricadent à leur tour, pour échapper à la tempête qui s'annonce.

     La mer se froisse, rugit.

     Les vagues se soulèvent au large, là où nul navire ne vogue.

     Là où nul oeil humain ne pourrait être témoin de son arrivée.

     Une silhouette féminine crève la surface des eaux - dans un jaillissement d'embruns _ et s'élève dans les airs.

     Elle monte jusqu'au coeur de l'orage, lumineuse, seulement vêtue d'une robe d'écume qui scintille de diamants. Avec sa chevelure déployée et son rire mélangé à la fureur des éléments, elle chevauche les nuages noirs qu'elle a invoqués pour couvrir son escapade.

     Dans la langue des hommes, on la nomme Naemah. Elle vient des enfers - cette région froide de l'éther où les âmes se tordent dans un océan de flammes bleues -, ce qui est justement le fruit de son désespoir, car même pour les démons l'éternité n'a aucune saveur. Naemah s'y ennuie à mourir. 

     En comparaison, la terre des humains regorge d'une infinité de distractions.

[...]

     Cela fait longtemps que le démon n'a pas volé avec les orages. L'obscurité, le vent, la pluie lui ont manqué. Et ces éclairs qui crépitent autour d'elle, dans une fabuleuse odeur d'ozone ! Son rire redouble, devient jubilation, tonnerre, fracas, arbres calcinés.  

Publié dans Roman policier

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Naoko 31/03/2011 13:05


J'ai adoré "De fièvre et de sang" je te le conseille si tu ne l'as pas lu! Tu sais qu'il est toulousain?


Brouillard 31/03/2011 13:29



Oui je sais que l'auteur est un compatriote ! Je lirai de Fièvre et de sang, d'ailleurs il figure dans ma LAL. Un avis positif renforce l'intérêt de ce titre. J'ai vu qu'il avait écrit des
nouvelles, mais ce n'est pas le genre littéraire que j'affectionne. Peut-être un jour m'y plongerai-je tout de même pour m'immerger à nouveau dans cette noirceur qui révèle aussi nos
intériorités.



**Fleur** 27/03/2011 18:09


Je l'ai vu au Salon du Livre de Paris, il avait une de ces files pour la dédicace !!! j'en avais jamais entenudi auparavant, il faut dire que ce n'est pas forcément mon genre de prédilection...


Brouillard 31/03/2011 13:26



J'aime le fantastique et les romans policiers, don je partais avec un a priori positif pour ce livre dont la 4ème de couverture m'avait interpellée il y a un an de cela. Je l'ai lu dans un
contexte où ce roman noir et poétique arrivait à point nommé. Je fus saisie. La scène initiale m'a vaguement rappelée la scène finale du Parfum sans que les deux soient pour autant comparables.
D'y repenser j'en ai des frissons... de plaisir...