L'ardoise magique de Valérie Tong Cuong

Publié le par Brouillard

L'ardoise magiquede Valérie Tong Cuong

Roman Stock, mars 2010

 

   

 

Deux jeunes filles sont assises sur la rambarde d’un pont. Un train surgit. L’une saute, l’autre pas. C’est Alice qui a sauté. Elle est riche et jolie, et habite un quartier résidentiel. L’autre s’appelle Mina. Depuis la mort de sa mère, elle vit chez son oncle et sa tante dans le quartier des HLM. Les deux amies s’étaient juré de se suicider ensemble. En rompant le pacte, Mina perd toute raison d’exister. Pourquoi n’a-t-elle pas sauté ? Qu’est-ce qui l’a retenue à la vie ? Pourquoi Alice voulait-elle en finir ? Quelle spirale les conduisait ainsi au suicide ? Devenue fugitive, Mina cherche à comprendre ce qui s’est passé depuis qu’Alice est entrée dans sa vie. Pourquoi ont-elles noué une amitié si forte ? Qui était vraiment Alice ? Cette enquête va pousser Mina à regarder la vérité en face, une terrible vérité, dont il lui faudra s’affranchir pour gagner sa liberté.
 

 

 

coeurC'est une merveilleuse histoire d'amitié et de solitude. Les vicissitudes de la vie poussent les individus dans des retranchements et à des actes sans appel. Mina se sent mal dans sa peau suite à la perte de sa mère et au manque d'amour que sa tante lui manifeste. Son environnement familial est glacial, elle est repoussée dans un coin de la maison, exclue des repas de famille. Aussi l'apparition d'Alice est l'exutoire de Mina, sa bouée de sauvetage, celle qui la tire vers le haut. Mais qui est Alice? Pourquoi est-elle si évanescente, inaccessible? Les traumatismes de la vie ont leurs solutions, encore faut-il trouver la force de continuer à vivre et de relever la tête !

 

  Citations :

 

Ce que je veux dire, c'est qu'il t'appartient de choisir une vision du monde, un sens de lecture des choses, des événements. Quoi qu'il en soit, tout ce que tu vois n'est jamais qu'une projection, et tu as le pouvoir de la modifier. Ce que je veux dire, c'est que rien n'est déterminé. La logique ne pèse rien face à ta volonté. La conclusion te revient, à toi seule, y compris lorsqu'il s'agit d'interpréter ce qui est bon ou mauvais. Alors oui, c'est mon libre arbitre de considérer que l'existence à première vue parfaite qui m'est offerte est une prison. Il n'y a pas de bien ou de mal, pas de noir ou de blanc, il y a ce que je décide de faire à partir du monde que j'analyse avec mes propres clés. Je suis maîtresse de ma vie et de chacun de mes choix.

 

J'étais un monstre d'égoïsme. Je m'étais bornée à prélever chez Alice ce dont j'avais besoin. Son amitié, sa bienveillance, sa manière de soigner les blessures et de venger les affronts; la bouffée d'oxygène lorsque je suffoquais.Et moi, que lui avais-je apporté? Une vague contradiction, quelques bons moments. Pour le reste, j'étais restée en surface, persuadée qu'une fille dans son genre était inaccessible au malheur, lui déniant même le droit à la douleur.

 

Pourquoi fallait-il toujours que je gâche tout avec mon agressivité? Que je flingue les innocents? Pourquoi étais-je incapable à ce point de supporter la faiblesse chez les autres?

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**Fleur** 22/07/2010 20:20


bon ça n'a pas l'air très joyeux tout ça mais je note quand même si c'est un coup de coeur ;)


Brouillard 23/07/2010 16:36



Le malaise de jeune qui se suicident n'est pas un sujet simple, anodin et qui laisse de marbre, mais ce livre est subtil, plein de finesse, tant dans le traitement de l'histoire que dans le
travail d'écriture. J'ai été agréablement surprise.