Géographie de la bêtise de Max Monnehay

Publié le par Brouillard

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Lorsque Pierrot décide de fonder un « village des idiots » où lui et ses semblables pourront vivre en paix, sans plus avoir à souffrir d’ostracisme, il ignore qu’ils seront si nombreux à le rejoindre. Bastien, le narrateur, 22 ans, fait partie des dizaines d’appelés que Pierrot va réunir, au terme d’un Tour de France ébouriffant. Mais leur bonheur fait des envieux et, bientôt, ce Paradis terrestre miniature finit par attirer des hommes et des femmes qui n’ont rien à y faire. Des malheureux, pour la plupart, qui tentent d’y être admis en jouant les imbéciles. Face à cette menace, Pierrot impose désormais à chaque nouvel arrivant un examen très spécial, un test de QI inversé, diablement efficace, mais que Bastien trafiquera afin que puisse entrer au village et dans sa vie Elisa, une jeune femme dont il est tombé amoureux.

Porté par un style acéré, Géographie de la bêtise est un roman sur le Paradis impossible, une fable sur l’exclusion, sur tous ceux qui, loin d’être des « idiots », sont juste incapables de vivre comme les autres, de « faire leur vie ».

 

Deuxième roman de la jeune Max Monnehay (1980-...), paru à la rentrée littéraire 2012 chez Seuil (228 p.).

Je n'ai pas lu son premier roman, mais j'ai été emporté ou plus exactement transporté dans celui-ci. Le personnage de Bastien nous convie à suivre la création du "village des idiots" dont il fait partie. Il porte un regard distancié sur ce qui se passe, un regard critique aussi. Le portrait de l'idiot apparaît comme beaucoup plus nuancé que le terme ne semble le laisser penser. Il existe une échelle dans la bêtise et celle-ci nous est donné à voir et à vivre de l'intérieur. Ce récit est une critique douce-amère de la société où Bastien fait entrer dans leur paradis une Eve qui n'est pas comme eux. Bastien découvre l'amour... Mais ce havre de paix, cette bulle dans la société des hommes a-t-elle un avenir ou porte-t-elle en elle-même les germes de sa destruction ?

L'écriture est emprunte d'un mélange d'humour -grinçant parfois-, de tendresse et de dénonciation. Le discours des personnges de Pierrot et de Bastien sont assez lucides sur leur condition. Ce fut un moment de lecture peuplée de réflexions...

Publié dans Roman français

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