Et, le mail s'envole comme un oiseau d'Anne Calife

Publié le par Brouillard



Ed :  The Menthol house
Parution : août 2008
133 pages


Quatrième de couverture:

"Ne plus dormir. Pleurer sur son clavier. En rêver. Se faire insulter, mais tout accepter. Clouée vive à son écran. Ne plus pouvoir s'arrêter. Mais recommencer, recommencer sans cesse. Se détruire jusqu'au bout et se maudire.

Dans cette relation, déchaînée et chaotique, la narratrice va peu à peu se transformer en esclave d'un homme... qui n'existe pas."

C'est le sixième roman de l'auteur. Elle y "dissèque de façon chirurgicale la "cyberaddiction". Derrière, le Web, la toile qui attend, qui happe des ses mailles les solitudes et tous les coeurs perdus."


Critique :

Le ton est juste, les seules exagérations sont celles du personnage prisonnier de cette relation fictive. Les émotions de cette jeune femme d'abord réticente envers cette technologie et qui va devenir accro, pour un homme, sont peintes avec précision, dans un dégradé qui montre toutes les étapes de l'addiction. La construction du livre s'apparente à un abécédaire dans la mesure où l'entête de chaque chapitre est une lettre de l'alphabet à laquelle un mot est rattaché. Ce dernier est le fondement même du chapitre, résume son propos, ex : "E... Entêtement, Encore et toujours". Le texte est aéré, le style simple, sans prétention, en adéquation avec le sujet. C'est une lecture plaisante où il existe un effet miroir, dans ce rapport étrange que la technologie joue sur nos rapports humains.


Citation :

                     "Donc, j'ai mon papier à lettres, son mail. Je le connais déjà par coeur. lui, possède aussi le mien. Question : qui doit écrire en premier à l'autre? Quelles sont les nouvelles règles de politesse mailienne?
                     [...]Je commence. Je me lance vers cet inconnu. C'est un homme qui me fait "aller vers". Moi qui appelle, écris ; lui qui disparaît, qui raccroche.
                     Je clique "envoyer". Le mail s'envole comme un oiseau par la fenêtre."

Publié dans Roman français

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Fleur 18/10/2009 11:23


Encore un écrivain lorrain qui joue sur la sensiblité, j'aime beaucoup. Si tu as aimé, je te conseille Conte d'Asphalte sur le mileu des sans-abris.