citations diverses (2)

Publié le par Brouillard

Tout ce à quoi je pouvais penser, c'était à la maldresse d'Edward, à la façon dont ses doigts boudinés maniaient les objets. Entre ses mains, un livre surgissait comme un oiseau terrifié, les pages bruissaient, la jaquette battait l'air tandis qu'il regardait ailleurs, qu'il parlait par dessus son épaule jusqu'à ce que, dans un craquement sec, la chose en question tombât morte, l'échine brisée, et qu'il examinât alors avec une sorte dep perplexité coupable.
La Lettre de Newton de John Banville


D'ailleurs, je ne peux pas supporter les gens qui ne savent pas laisser filer les choses, qui s'accrochent et se plaignent. Quand une chose est finie, elle est finie. Terminé, on n'en parle plus. Lâchez-la donc! Oubliez-la et consolez-vous, si vous y tenez, avec l'idée qu'on ne trouve jamais exactement ce qu'on a perdu. C'est toujours autre chose. Du moment où ça vous lâche, ça change. [...] Je me suis fait une règle de ne jamais rien regretter ni de regarder en arrière. Le regret est une consternante perte d'énergie dont aucun futur écrivain ne peut se payer le luxe; on ne peut ni le façonner ni bâtir dessus; on ne peut que s'y vautrer. De même regarder derrière soi est fatal à l'art. Cela vous maintient dans votre misère. L'art ne peut ni ne veut supporter la pauvreté.
Je ne parle pas français de Katherine Mansfield

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