André Pieyre de Mandiargues, A Coïmbre

Publié le par Brouillard

Contribution au "dimanche poétique" organisé par Celsmoon

 

 

André Pieyre de Mandiargues, Le point où j'en suis

"A Coïmbre" 

 

 

 

Je suis à Coïmbre autant dire au Portugal
Les Français achètent des poupées en costume régional
Moi j'ai acheté du savon à la "Droguerie astrale"
Car j'ai bien l'intention de me laver les mains
De mon pays comme de tous les autres y compris le tien,

Ce qu'il y a de plus curieux dans ce coin
Est une sorte d'édifice qui n'est guère un jardin
Et qui pourtant se nomme le Jardin de la Manche,

Il a l'air d'un alambic à quatre becs
Ses quatre cornues sont quatre petits pavillons
Qui pourraient avoir servi à des sublimations,

Les tristes dans la nuit s'y font chevaliers de la manchette
Au bruit d'une fontaine avare de goutelettes
Qui n'a rien de commun avec la Source de Jouvence
Chacun sait par doctrine ou par expérience,

Tout cela est d'un ennui assez tuant pour me plaire
Un soir au moins
Et quelque instant me soustraire aux pensées.


(Coïmbre, 18 août 1960)

Publié dans Poésie

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Laurence 13/11/2009 20:15


J'aime énormément et c'est une très jolie découverte !


Brouillard 16/11/2009 19:05



Cela me fait très plaisir de t'avoir agréablement conduite dans ce voyage avec André Pieyre de Mandiargues!