Quand le diable sortit de la salle de bain de Sophie Divry

Publié le par Brouillard

Quand le diable sortit de la salle de bain  : roman improvisé, interruptif et pas sérieux de Sophie Divry ; Notabilia, septembre 2015

 On lit et voit l'auteure jouer avec les mots lors de ses fusions de verbe "s'exclamaugréa ma mère", ""continunia maman" ;

elle joue avec le rythme des phrases, le souffle, dans ses phrases énumératives à rallonge -sur plusieurs pages pages parfois-, telle la liste de tous les plats somptueux d'un repas de famille ; 

elle joue aussi avec la répétition de mots : "j'habite dans un vieux quartier d'une ville ancienne, en vacances je vais chez ma vieille mère dans un vieux village réhabilité où on peut visiter de vieux châteaux historiques."

Le jeu porte aussi sur la syntaxe et la typographie avec l'apparition de ruptures de marges dans la forme justifiée du texte, de calligraphies, d'emploi du gras et d'un changement de polices selon des circonstances bien précises et coïncidant avec le récit. Effectivement souvent ces jeux visuels relèvent d'une prise de parole du personnage d'Hector ou du diable Lorchus. D'ailleurs dans le récit même la mise en scène visuelle est notifiée  "je lui demandai s'il s'exprimait en caractères gras par esprit de contradiction".

Sur l'histoire, vision de la vie d'une jeune femme touchant les minima sociaux et vivant un enfer personnel avec 40€ pour finir le mois (10 jours à tenir), où l'écriture, son échappatoire, est le lieu de tous ses fantasmes, mais ne la sauve de son quotidien difficile. L'humour est présent dans la forme et aussi dans le fond, ne sortez pas vos mouchoirs. On assiste aux pétages de plombs d'une détresse administrative, sociale, humaine, on a même droit à de petites leçons assez convenues. On ne tombe pas dans le misérabilisme de notre société et des êtres sans emploi en perdition, même si la recherche d'emploi et de revenus sont de vrais parcours du combattant.  

Pourtant moi, rien, néant, insensibilité totale à tous les efforts de l'auteure : 1 longue énumération oui, plusieurs lassent, une invention verbale pourquoi pas, du sexe on peut en saupoudrer le récit, mais là je ne lis que de la vulgarité qui d'ailleurs se présente comme telle, se revendique dans une sorte d'impolitiquement correct pour rompre avec le quotidien du personnage de l'auteure qui lui est navrant, semé d'embûches financières, administratives. C'est un vulgaire décalé qui est sensé faire rire ! Je n'ai même pas souri. Hermétique. Je suis passée à côté de cette sélection de l'été de ma bibliothèque municipale. En même temps les goûts et les couleurs, ça ne se commande pas. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans un petit studio mal chauffé de Lyon, Sophie, une jeune chômeuse, est empêtrée dans l’écriture de son roman. Elle survit entre petites combines et grosses faims. Certaines personnes vont avec bonté l’aider, tandis que son ami Hector, obsédé sexuel, et Lorchus, son démon personnel, vont lui rendre la vie plus compliquée encore. Difficile de ne pas céder à la folie quand s’enchaînent les péripéties les plus folles.

 

Publié dans Roman français

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